Voici un court rappel de ce qu’il ne fallait pas rater ces dernières semaines.
Bronchiolite : campagne de prévention 2026-2027
Source : Ministère de la santé
La Direction générale de la santé a fixé les dates de la campagne de vaccination et d'immunisation contre les infections à VRS du nourrisson pour la saison 2026-2027 :
- France métropolitaine : du 14 septembre 2026 au 28 février 2027 ;
- Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy : du 31 août 2026 au 28 février 2027 ;
- La Réunion : du 28 septembre 2026 au 28 mars 2027 ;
- Mayotte : du 1er octobre 2026 au 31 mai 2027 ;
- Guyane : toute l'année.
Le clesrovimab (Enflonsia®) rejoint l'arsenal des anticorps monoclonaux : dose unique de 105 mg en intramusculaire quel que soit le poids, disponible en ville comme le nirsévimab (Beyfortus®).
La prise en charge d'Abrysvo®, Beyfortus®, Enflonsia® et Synagis® coïncide avec les calendriers de démarrage de la campagne.
La fiche Bronchiolite aiguë a été mise à jour pour intégrer ces recommandations.
Infections urinaires de l'homme : actualisation des recommandations françaises
Source : SPILF (article complet, en anglais)
La Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF) actualise ses recommandations sur les infections urinaires communautaires de l'homme et opère un changement de paradigme : la cystite et la pyélonéphrite ne sont plus considérées comme des entités exclusivement féminines, et la prise en charge distingue désormais chez l'homme quatre cadres : cystite, prostatite aiguë, pyélonéphrite aiguë et orchi-épididymite. Voici les principaux messages :
Diagnostic :
- la cystite masculine existe en tant qu'entité : signes urinaires locaux sans fièvre, frissons ni sepsis, à distinguer de la prostatite (signes de cystite associés à fièvre ou sepsis) ;
- la bandelette urinaire n'est pas recommandée chez l'homme ; l'ECBU est le seul examen pour confirmer le diagnostic et guider l'antibiothérapie (leucocyturie > 30 × 10³/mL et bactériurie monomicrobienne ≥ 10³ UFC/mL, les signes cliniques primant sur les seuils) ;
- pas de dosage du PSA, ni d'hémocultures ni de bilan inflammatoire en ambulatoire pour une cystite ou une prostatite sans signe de gravité ;
Traitement :
- cystite : différer si possible le traitement jusqu'à l'antibiogramme ; si un traitement probabiliste est nécessaire (patient très symptomatique) : fosfomycine-trométamol, nitrofurantoïne ou pivmécillinam ;
- prostatite et pyélonéphrite, traitement probabiliste (avant documentation) :
- sans sepsis, en ambulatoire : ceftriaxone ou fluoroquinolone orale (ciprofloxacine ou lévofloxacine), sous réserve de l'absence de fluoroquinolone dans les 6 derniers mois et d'une voie orale efficace ; en hospitalisation : céfotaxime ou ceftriaxone,
- sepsis : céfotaxime ou ceftriaxone + dose unique d'amikacine,
- choc septique : C3G injectable + amikacine, remplacés par un carbapénème (imipénème ou méropénème) + amikacine en présence d'un facteur de risque d'entérobactérie résistante aux C3G (vie en EHPAD, ou dans les 3 derniers mois : colonisation ou infection à entérobactérie résistante aux C3G, voyage à l'étranger, prise de fluoroquinolone, d'amoxicilline-acide clavulanique ou de C3G) ;
- relais oral après ECBU, en ordre de préférence :
- pyélonéphrite : 1re intention amoxicilline (si souche sensible), 2e intention cotrimoxazole (puis amoxicilline-acide clavulanique, fluoroquinolone, céfixime),
- prostatite : 1re intention cotrimoxazole, 2e intention fluoroquinolone ;
- orchi-épididymite (hors contexte d'IST) : traitement probabiliste par ceftriaxone ou fluoroquinolone (ciprofloxacine ou lévofloxacine) en ambulatoire, céfotaxime ou ceftriaxone en hospitalisation ; relais oral 1re intention cotrimoxazole, 2e intention fluoroquinolone ;
- durées : 7 jours pour la cystite (sauf fosfomycine en 3 prises) et la pyélonéphrite (fluoroquinolone, cotrimoxazole ou bêtalactamine parentérale ; 10 jours si autre relais), 14 jours pour la prostatite, 10 jours pour l'orchi-épididymite ;
Après un premier épisode :
- rechercher systématiquement un facteur favorisant : échographie de l'appareil urinaire avec mesure du résidu post-mictionnel et interrogatoire (SBAU, hématurie) ;
- avis urologique si pyélonéphrite, rétention aiguë, hématurie macroscopique, IPSS > 7, résidu post-mictionnel > 100 mL, induration prostatique, infection récidivante, anomalie à l'imagerie ou âge < 40 ans.
Les fiches Prostatite aiguë, Cystite, Pyélonéphrite aiguë et Orchi-épididymite ont été mises à jour pour intégrer ces recommandations.
Vaccination antipneumococcique : vaccins à haute valence
Source : HAS
La HAS a révisé le 30 juillet 2026 la stratégie de vaccination contre les infections invasives à pneumocoques. Voici les principaux messages :
- chez le nourrisson, le VPC20 (PREVENAR 20®) remplace les VPC13 et VPC15, selon un schéma renforcé : 3 doses à 2, 4 et 6 mois puis rappel à 11 mois, y compris chez le prématuré ; les nourrissons ayant débuté par VPC13 ou VPC15 poursuivent avec le VPC20 ;
- chez l'enfant à risque : dose unique de VPC20 : de 15 mois à 4 ans, au moins 8 semaines après la dernière dose de vaccin conjugué ; de 5 à 17 ans, indépendamment d'une vaccination pneumococcique antérieure, en respectant un délai minimal de 8 semaines après la dernière dose de vaccin pneumococcique ;
- chez l'adulte, recours préférentiel au VPC21 (CAPVAXIVE®) en dose unique, devant le VPC20 : il concerne tous les adultes de 65 ans et plus et les 18-64 ans à risque d'infection invasive (y compris les soudeurs et travailleurs de la métallurgie exposés aux fumées) ; aucun rattrapage n'est proposé à ce jour aux adultes déjà vaccinés par VPC20 ; une recommandation spécifique aux patients immunodéprimés, élaborée avec la SPILF, est attendue.
La fiche Vaccination de l'enfant a été mise à jour pour intégrer ces recommandations.
Infertilité : bilan de première intention
Source : HAS
La HAS consacre le second volet de ses recommandations sur la santé sexuelle et reproductive à l'exploration d'une infertilité en première intention. Voici les principaux messages :
- explorer après 12 mois de rapports sexuels non protégés sans grossesse, ou dès 6 mois à partir de 35 ans chez la femme ou 45 ans chez l'homme, ou en cas de facteur de risque d'hypofertilité ; orienter sans délai vers une équipe spécialisée en médecine de la reproduction dès 40 ans chez la femme ;
- chez l'homme, le spermogramme est à prescrire avant tout autre examen : s'il est normal, un seul suffit et aucun autre examen n'est recommandé ; bilan hormonal réservé aux signes d'hypogonadisme, à l'oligospermie ou à l'azoospermie ;
- chez la femme, le bilan de première intention comprend :
- cycles réguliers : progestérone à J22-J23 (ovulation confirmée si > 3 ng/mL, dosage à répéter une semaine plus tard en l'absence d'ovulation), TSH, et œstradiol, LH, FSH entre J2 et J4 ; en cas d'hyperandrogénie : testostérone et 17-OHP ;
- aménorrhée ou cycles irréguliers : hCG en cas d'aménorrhée pour exclure une grossesse, puis œstradiol, LH, FSH, TSH, prolactine, testostérone, 17-OHP ; AMH uniquement en cas de perspective d'AMP ;
- échographie pelvienne 3D par voie endovaginale chez toutes : malformations utérines, anomalies endocavitaires, compte folliculaire antral ;
- exploration de la perméabilité tubaire chez toutes : hystérosalpingographie ou HyFoSy, en première partie de cycle ;
- le test post-coïtal de Hühner n'est plus recommandé.
La fiche Infertilité a été mise à jour pour intégrer ces recommandations.
Prise en charge des acouphènes
Source : HAS
La HAS publie ses premières recommandations sur le diagnostic et la prise en charge des acouphènes invalidants chez l'adulte. Voici les principaux messages :
- l'évaluation initiale comprend : un interrogatoire (uni- ou bilatéral, pulsatile ou non, facteurs déclenchants et modulateurs, symptômes associés), l'évaluation du retentissement (EVA intensité et gêne, questionnaire THI) et un examen clinique : otoscopie, recherche d'hypoacousie, examen vasculaire, neurologique, du rachis cervical et des ATM ;
- certaines situations imposent une prise en charge sans délai : surdité brusque associée : corticothérapie en urgence ; acouphène récent (moins de 10 jours) avec céphalée inhabituelle : imagerie en urgence (angioscanner ou angio-IRM) ; signes neurologiques ou psychiatriques sévères : avis spécialisé, voire urgences ;
- l'audiométrie est systématique, préférentiellement réalisée par l'ORL (± autres explorations fonctionnelles selon l'orientation) ;
- l'imagerie est réservée aux acouphènes pulsatiles (angio-IRM), unilatéraux, associés à une surdité asymétrique ou à des troubles auditifs ou vestibulaires fluctuants (IRM cérébrale et de l'oreille interne), ou survenant après un traumatisme non exploré (TDM) ; pas d'imagerie en cas d'acouphène bilatéral et symétrique ;
- la prise en charge repose sur l'information et la réassurance, un environnement sonore équilibré (ni exclusion totale du bruit, ni exposition prolongée aux bruits intenses), l'activité physique ; la TCC est la seule intervention d'efficacité démontrée ; la thérapie sonore s'appuie sur l'enrichissement sonore et l'appareillage en cas de surdité associée ; aucun médicament ni complément alimentaire n'est recommandé.
La fiche Acouphènes a été mise à jour pour intégrer ces recommandations.
Tendinopathies de la coiffe des rotateurs
Source : HAS
La HAS a complété le 15 juillet 2026 sa recommandation sur l'épaule douloureuse non traumatique par un volet consacré à la prise en charge chirurgicale des tendinopathies de la coiffe des rotateurs. Voici les principaux messages :
- tendinopathie non rompue : pas de bénéfice démontré de la chirurgie, à réserver aux échecs d'un traitement médico-fonctionnel bien conduit ;
- rupture dégénérative : chirurgie envisageable en cas de douleur ou de gêne invalidante, après au moins 6 mois de traitement médical et de rééducation ;
- rupture traumatique sur tendon sain : avis chirurgical sans délai, en particulier chez le sujet actif.
La fiche Douleur non traumatique de l'épaule a été mise à jour pour intégrer ces recommandations.
Mise à jour des recommandations sanitaires aux voyageurs
Source : HCSP (rapport protection personnelle antivectorielle)
Le HCSP a publié le 7 juillet 2026 l'édition 2026 des recommandations sanitaires aux voyageurs, complétée par une actualisation de ses recommandations sur la protection personnelle antivectorielle. Les stratégies vaccinales du voyageur, notamment contre le chikungunya et la dengue, y ont été mises à jour. Concernant la protection antivectorielle :
- les mesures physiques sont à privilégier : vêtements couvrants, amples et de couleur claire, moustiquaires de lit et aux ouvertures, climatisation ou ventilation ;
- répulsifs cutanés : seuls le DEET, l'IR3535 et l'icaridine sont recommandés, en complément des autres mesures ; en cas de protection solaire, appliquer la crème d'abord puis le répulsif au moins 20 minutes après ;
- chez la femme enceinte et l'enfant, utiliser des répulsifs adaptés (substance et concentration selon l'âge et la grossesse) ; avant 12 mois, privilégier les moyens mécaniques, notamment la moustiquaire imprégnée sur le berceau ou la poussette ;
- non recommandés : huiles essentielles, bracelets anti-insectes, dispositifs à ultrasons, serpentins fumigènes (le cas échéant, uniquement en extérieur et brièvement) ;
- les vêtements imprégnés de perméthrine sont désormais déconseillés, y compris pour les professionnels (balance bénéfice/risque défavorable) ; l'imprégnation vestimentaire par un répulsif (DEET, IR3535) reste possible en cas de risque élevé ;
- par précaution, pas de pyréthrinoïdes (diffuseurs, serpentins) en présence de femmes enceintes, d'enfants de moins de 3 ans ou de personnes asthmatiques ; seule exception, les moustiquaires imprégnées longue durée, qui restent fortement recommandées en zone d'endémie palustre.
La fiche Conseils aux voyageurs a été mise à jour pour intégrer ces recommandations.