Voici un court rappel de ce qu’il ne fallait pas rater ces dernières semaines.
PrEP injectable par cabotégravir (APRETUDE®) : nouveau guide pour les prescripteurs
Source : SFLS
La Société Française de Lutte contre le Sida publie un guide pratique de prescription de la PrEP injectable par cabotégravir (APRETUDE®) ainsi qu'un outil permettant de générer un calendrier imprimable des injections et de gérer les oublis de traitement.
Voici les principaux messages :
- la PrEP injectable constitue une alternative à la PrEP orale (TDF/FTC) chez les personnes séronégatives exposées au VIH pour lesquelles la PrEP orale n'est pas adaptée : inobservance prévisible, contre-indication rénale ou osseuse, troubles d'absorption, travailleurs du sexe, nécessité de discrétion, femmes ou personnes transgenres, personnes en situation de vulnérabilité ou de troubles mentaux…
- tout médecin expérimenté dans la prévention du VIH peut la prescrire, de préférence en concertation avec une structure spécialisée (CeGIDD, centre de santé sexuelle…) ; une formation gratuite en ligne est disponible ;
- les deux formes de PrEP (orale et injectable) sont prises en charge à 100 % par l'Assurance Maladie depuis le 2 mars 2026, y compris pour les bénéficiaires de l'AME ; le coût du cabotégravir injectable est plus élevé que celui de la PrEP orale : 1 312,07 € par injection contre 156,44 € par boîte de 30 comprimés pour le TDF/FTC générique ;
- le schéma d'injection est le suivant : 1re injection à J0, 2e injection à 4 semaines (± 7 jours), puis toutes les 8 semaines (± 7 jours) ; une phase d'initiation orale d'un mois est possible pour évaluer la tolérance, mais non obligatoire, particulièrement recommandée en cas d'antécédents allergiques importants ;
- la protection efficace débute à J7 après la première injection ou la première prise orale ;
- il existe un risque de résistance aux inhibiteurs d'intégrase en cas d'infection VIH méconnue à l'initiation ou d'inobservance du calendrier ;
- en cas de traitement concomitant, il est nécessaire d’éliminer une interaction médicamenteuse ;
- le cabotégravir ne présente pas d'interactions avec les contraceptifs hormonaux, les traitements hormonaux, l'alcool ou les substances psychoactives, et peut être utilisé en cas d'insuffisance rénale contrairement au TDF/FTC.
La fiche VIH-PrEP a été mise à jour.
Finastéride 1 mg : une attestation d'information partagée bientôt obligatoire
Source : ANSM
L’ANSM annonce que la délivrance de finastéride 1 mg sera prochainement conditionnée à la remise, en plus de l’ordonnance, d’une attestation d’information partagée, signée par le patient et le prescripteur, afin de renforcer l’information sur les risques d’effets indésirables, notamment psychiatriques et sexuels, associés au traitement.
Cette mesure s’appliquera à compter du 16 avril 2026 pour toute initiation de traitement, puis du 16 juin 2026 pour les patients déjà traités lors du renouvellement de leur ordonnance.
La fiche Alopécie a été mise à jour pour y inclure l’attestation.
Dermatite atopique : nouvelles recommandations françaises
Source : Société française de dermatologie
Le Centre de preuves en dermatologie et le Groupe de recherche sur l’eczéma atopique de la Société française de dermatologie ont publié de nouvelles recommandations concernant la dermatite atopique. Voici les points clés :
- les règles hygiéno-diététiques constituent la base du traitement : application quotidienne d'émollients, hygiène à l'eau tiède et produits lavants non irritants ;
- la diversification alimentaire du nourrisson est à débuter dès 4 mois sans régime d'exclusion préventif ; la demande d’un avis allergologique ne doit pas être systématique, elle est recommandée uniquement en cas de signes d'appel (suspicion d’aggravation après une prise alimentaire, allergie associée) ;
- les adolescents et jeunes adultes doivent être informés du risque de dermatite de contact professionnelle et des métiers exposés, afin d’orienter leurs choix et anticiper les mesures de prévention au plus tôt dans leur carrière professionnelle ;
- en phase de poussée, le traitement de 1re intention repose sur les dermocorticoïdes 1 fois par jour sans décroissance (classe forte pour le corps, classe modérée pour le visage, les plis et la région anogénitale) ;
- le traitement d'entretien, indiqué en cas de récidives fréquentes, associe dermocorticoïdes ou anticalcineurine topique, en 1 application 2 jours par semaine sur les zones habituellement atteintes, à débuter immédiatement après régression des symptômes.
Les fiches Dermatite atopique et Dermatite atopique du nourrisson ont été mises à jour pour intégrer ces nouvelles recommandations.
Arthrose de la main : recommandations conjointes SFR et SOFMER 2025
Sources : SFR et SOFMER
La Société française de rhumatologie et la SOFMER publient de nouvelles recommandations sur l'arthrose de la main. Voici les principaux messages :
- aucun traitement n'a démontré d'efficacité sur l'évolution des lésions articulaires ; les objectifs sont de limiter les symptômes, préserver la fonction et réduire la dépendance ;
- le traitement fonctionnel repose sur la rééducation (mobilisation articulaire, renforcement musculaire, proprioception, autorééducation quotidienne à domicile) et les conseils ergonomiques pour l'adaptation des gestes du quotidien et du travail ;
- les orthèses de repos sont recommandées dans la rhizarthrose et peuvent être proposées dans l'arthrose interphalangienne ;
- en cas de poussée douloureuse, les AINS topiques ou oraux en cure courte peuvent être proposés ; le paracétamol en cure courte, la chondroïtine sulfate et les corticoïdes oraux à faible dose (en cas de poussée polyarticulaire) peuvent également être envisagés ;
- l'application de chaleur locale peut être envisagée à visée antalgique à court terme ;
- les traitements suivants ne sont pas recommandés : opioïdes (y compris tramadol), colchicine, hydroxychloroquine, antagonistes des cytokines, méthotrexate, ondes électromagnétiques, laser, kinesiotaping et acupuncture.
La fiche Arthrose digitale a été mise à jour pour inclure ces recommandations.