Voici un court rappel de ce qu’il ne fallait pas rater ces dernières semaines.
Borréliose de Lyme
Source : HAS
La HAS a publié des recommandations concernant la borréliose de Lyme. Voici les principaux messages.
- En cas de piqûre de tique :
- retirer la tique avec un tire-tique puis désinfecter le site de la piqûre ;
- noter dans le dossier médical la notion de piqûre de tique (date, localisation) ;
- en l'absence de symptômes, la surveillance simple est la règle (pas d'antibiotique) pendant 4 semaines. Informer le patient sur les signes à surveiller : rougeur d’extension centrifuge, croûte noire, fièvre, douleurs diffuses, arthrite, paralysie faciale, adénopathies…
- Sérologie :
- non indiquée en l’absence de signes cliniques évocateurs de borréliose de Lyme, ni en cas d'érythème migrant ;
- indiquée pour le diagnostic des formes disséminées : atteinte neurologique, articulaire, cardiaque, ophtalmologique, cutanée (lymphocytome borrélien, acrodermatite chronique atrophiante).
- Traitement de l’érythème migrant isolé :
- doxycycline en 1re intention ;
- amoxicilline en 2e intention et en 1re intention pour les enfants < 20 kg.
- Syndrome post-borréliose de Lyme traitée :
- altération de la qualité de vie liée à des symptômes (asthénie, polyalgies, troubles cognitifs) persistants depuis plus de 6 mois, survenus dans les suites immédiates d’une borréliose de Lyme prouvée et traitée par antibiothérapie adaptée ;
- aucune antibiothérapie n’est indiquée. La prise en charge repose sur une approche personnalisée, pluridisciplinaire en coordination avec le Centre de Compétences des Maladies Vectorielles à Tiques.
La fiche Piqûres de tiques - Borréliose de Lyme a été mise à jour pour intégrer ces nouvelles recommandations.
Calendrier vaccinal 2025
Source : Ministère de la Santé
Le calendrier vaccinal 2025 a été publié. Voici les principales évolutions à retenir.
- Méningocoques :
- chez les nourrissons et jeunes enfants :
- la vaccination contre les méningocoques B (M3, M5, M12) et ACWY (M6, M12) est obligatoire jusqu’à l’âge de 2 ans (rattrapage requis pour les nourrissons non encore vaccinés, ou vaccinés uniquement contre le méningocoque C) ;
- en raison de la recrudescence des infections invasives à méningocoques, les recommandations sont élargies pour les méningocoques ACWY jusqu’à l’âge de 3 ans et pour le méningocoque B jusqu’à l’âge de 5 ans ;
- chez les adolescents et jeunes adultes :
- la vaccination contre les méningocoques ACWY est recommandée entre 11 et 14 ans, avec un rattrapage jusqu’à 24 ans, quel que soit le statut vaccinal antérieur ;
- la vaccination contre le méningocoque B peut être proposée entre 15 et 24 ans.
- Pneumocoque : une dose unique de Prevenar 20 est désormais recommandée chez toutes les personnes ≥ 65 ans.
- Coqueluche : en contexte épidémique, un rappel dTcaP est recommandé pour les adultes de l’entourage d’un nourrisson de mère non vaccinée durant la grossesse (ou né < 1 mois après la vaccination maternelle), et pour les professionnels de santé et de la petite enfance, si leur dernière vaccination date de plus de 5 ans.
- Virus respiratoire syncytial (VRS) :
- chez la femme enceinte : vaccination avec Abrysvo® entre 32 et 36 SA en amont de la période épidémique et jusqu’à la fin de cette dernière (stratégie alternative au Nirsevimab chez le nourrisson) ;
- chez les personnes âgées : vaccination recommandée entre septembre et janvier à partir de 75 ans, et entre 65 à 74 ans en cas de pathologie à risque de décompensation (respiratoire ou cardiaque), avec Abrysvo®, Arexvy® ou mRESVIA®.
- Dengue : le vaccin vivant atténué Qdenga® est recommandé chez les résidents des Antilles, Guyane, Mayotte et La Réunion :
- de 6 à 16 ans en cas d’antécédent documenté de dengue ;
- de 17 à 60 ans présentant des comorbidités, avec ou sans antécédent de dengue.
- Chikungunya : dans le contexte épidémique actuel, le vaccin vivant atténué Ixchiq® est recommandé chez les résidents de Mayotte et La Réunion âgés de 18 à 64 ans présentant des comorbidités, et sans antécédent d'infection par le chikungunya, ainsi que chez les professionnels de la lutte antivectorielle.
- HPV : le rattrapage vaccinal est à présent recommandé chez les femmes et les hommes jusqu’à l’âge de 26 ans révolus, indépendamment de leur orientation sexuelle.
Les fiches Vaccinations ont été mises à jour pour intégrer ces nouvelles recommandations.
Infections sexuellement transmissibles
Source : HAS
La HAS publie de nouvelles recommandations sur la prise en charge des infections à Neisseria gonorrhoeae, Chlamydia trachomatis, Mycoplasma genitalium et Treponema pallidum dont voici les principaux messages.
- Neisseria gonorrhoeae :
- tout prélèvement positif nécessite :
- un traitement, même en cas de forme asymptomatique ;
- une culture avec antibiogramme à chaque fois que possible ;
- le traitement repose sur :
- la ceftriaxone 1000 mg IM (ou IV en cas de contre indication à la voie IM) en 1re intention ;
- la gentamicine 240 mg IM en cas d’allergie aux C3G et dans l’attente de l’antibiogramme ;
- l’association ceftriaxone 1000 mg + azithromycine 2000 mg en cas de retour de voyage en Asie-Pacifique et dans l’attente de l’antibiogramme.
- Chlamydia trachomatis :
- en cas d’infection à N. gonorrhoeae documentée ou fortement suspectée et de résultats des tests en attente pour C. trachomatis, le traitement de C. trachomatis peut être différé dans l’attente des résultats seulement en l’absence de risque de perte de vue ;
- le traitement repose sur :
- la doxycycline 100 mg x2/j en 1re intention :
- 7 jours en cas d’urétrite, d’anorectite ou de cervicite non compliquée ;
- 10 jours en cas d’infection génitale haute non compliquée ou d’orchi-épididymite ;
- 21 jours en cas de lymphogranulomatose vénérienne ;
- l’azithromycine en cas de contre indication à la doxycycline.
- Mycoplasma genitalium :
- iI est recommandé de ne pas rechercher et de ne pas traiter M. genitalium chez le sujet asymptomatique, en dehors des partenaires des patients/patientes présentant un infection ;
- une recherche de résistance aux macrolides, par PCR, doit être effectuée à chaque fois que possible avant de débuter le traitement ;
- lorsque M. genitalium est détecté en co-infection, il est recommandé de ne traiter en première intention que l’autre germe identifié ;
- iI n’est pas nécessaire de réaliser de PCR de contrôle en cas de disparition des symptômes sous traitement.
- Treponema pallidum (syphilis) :
- le traitement des formes précoces (syphilis primaire, secondaire, ou latente évoluant depuis moins de 1 an) repose sur la benzathine pénicilline G (BPG), administrée par voie intramusculaire en dose unique de 2,4 MU ;
- en cas d’allergie ou de contre-indication à l’injection intra-musculaire : doxycycline 200 mg/j pendant 14 jours, ou ceftriaxone 1 g/jour en IV pendant 10 jours en dernière intention.
- Pour l’ensemble de ces infections, un dépistage des partenaires et la protection des rapports sont nécessaires selon des modalités propres à chaque germes (voir fiches correspondantes sur Ordotype).
Les fiches Urétrite - Cervicite, Leucorrhées - Infections génitales hautes et basses, Orchi-épididymite et Syphilis précoce ont été modifiées pour inclure ces modifications.