Un court rappel de ce qu'il ne fallait pas rater ces dernières semaines.
Calendrier vaccinal 2023 (Ministère de la Santé)
Le Ministère de la Santé et de la Prévention a publié en Avril la version 2023 du calendrier vaccinal. Par rapport à l’édition précédente, voici les principales nouveautés :
- la vaccination contre les Rotavirus est désormais recommandée chez l’ensemble des nourrissons, selon un schéma vaccinal à deux doses (à 2 et 3 mois de vie) pour le vaccin Rotarix® et à trois doses (à 2, 3 et 4 mois de vie) pour le vaccin RotaTeq®. Le strict respect de ce calendrier vaccinal est primordial afin d’assurer la complétude du schéma vaccinal avant l’âge limite (6 mois pour Rotarix® et 8 mois pour RotaTeq®) ;
- la vaccination annuelle contre la grippe saisonnière peut être proposée aux enfants sans comorbidité âgés de 2 à 17 ans révolus. Dans cette population, il conviendra d'utiliser préférentiellement le vaccin administré par voie intranasale lorsque cela sera possible (Fluenz Tetra®, vaccin vivant atténué ne devant pas être administré en cas de grossesse ou d’immunodépression, pas encore disponible en France).
La fiche vaccination et les fiches concernées par ce nouveau calendrier (gastro-entérite aiguë, grippe) ont été mises à jour.
Vaccination COVID
La campagne de rappel vaccinal contre la COVID-19 a débuté. Les personnes ciblées sont :
- les personnes âgées de 80 ans et plus ;
- les personnes immunodéprimées ;
- les résidents des EHPAD et unités de soins de longue durée (USLD), quel que soit leur âge ;
- les personnes à très haut risque de forme grave selon chaque situation médicale individuelle et dans le cadre d’une décision partagée avec l’équipe soignante.
Le délai à respecter après la dernière injection ou infection est de 6 mois minimum, quelle que soit la situation du patient.
Pour cette dose de rappel, il est recommandé d’utiliser préférentiellement les vaccins bivalents adaptés à Omicron : Comirnaty BIVALENT (personnes ≥ 12 ans), ou Spikevax BIVALET (personnes ≥ 30 ans).
Toux chronique de l'adulte (SPLF, SFORL, SFPL, SNFGE)
Des recommandations de prise en charge de la toux chronique de l’adulte sont publiées avec le soutien de la société de pneumologie de langue française (SPLF), la société française d’oto-rhino-laryngologie et de chirurgie de la face et du cou (SFORL), la société française de phoniatrie et de laryngologie (SFPL) et de la société nationale française de gastroentérologie (SNFGE).
Le texte clarifie les étapes de la démarche diagnostique et thérapeutique à réaliser en cas de toux chronique (évolution ≥ 8 semaines), notamment :
- la nécessité de rechercher la présence de complications de la toux, en particulier une incontinence urinaire, des troubles du sommeil ou un retentissement psychologique ou social ;
- la nécessité de rechercher la présence de drapeaux rouges devant faire évoquer une cause grave à la toux et mener des explorations en conséquence (à commencer par un scanner thoracique) ;
- la réalisation d’une imagerie thoracique dans le bilan de 1ère intention (radiographie ou scanner).
Les recommandations indiquent également que :
- la réalisation d’une spirométrie doit être systématique en cas de toux chronique, même en l’absence de signe clinique d’asthme ;
- la réalisation d’un traitement d’épreuve du RGO par IPP ne se conçoit qu’en cas de signes cliniques de RGO associés (pyrosis, régurgitations) ;
- il n’est pas approprié de réaliser un scanner des sinus de manière isolée, sans réalisation préalable d’un examen clinique ORL et d’une nasofibroscopie.
La fiche toux de l’adulte a été mise à jour pour y inclure ces nouvelles recommandations.
Examen pelvien en gynécologie (15 sociétés savantes)
15 sociétés savantes publient des recommandations communes sur la réalisation de l’examen pelvien en gynécologie et obstétrique. Ces recommandations rappellent notamment que l’examen pelvien (toucher vaginal et/ou speculum) doit être réserve à certaines indications, notamment :
- les saignements ou douleurs pelviennes aiguës survenant chez une femme non enceinte ;
- les douleurs pelvi-périnéales chroniques ;
- les saignements anormaux chroniques ;
- les leucorrhées anormales ou les symptômes aigus vulvaires ;
- avant la pose et au cours du suivi d’un DIU ;
- la réalisation du dépistage du cancer du col de l’utérus ;
- les saignements ou douleurs pelviennes aiguës survenant au cours du 1er trimestre de grossesse (examen au spéculum, ne pas effectuer de toucher vaginal sauf si l’échographie est impossible ou non contributive) ;
- les douleurs abdomino-pelviennes au 2ème ou 3ème trimestre de grossesse ;
- la perte de liquide au 2ème ou 3ème trimestre de grossesse (examen au speculum, ne pas effectuer de toucher vaginal de manière systématique) ;
- l’incontinence urinaire ;
- la sensation de boule vaginale (suspicion de prolapsus) ;
- le bilan initial d’infertilité ;
- la présence d’une masse abdominopelvienne ;
La réalisation d’un examen pelvien n’est en revanche pas recommandée de manière systématique dans les situations suivantes :
- l’initiation ou suivi d’une contraception hormonale chez une patiente asymptomatique ;
- la détection d’un cancer de l’ovaire chez la patiente non enceinte, asymptomatique, et à risque moyen ;
- le suivi de grossesse d’une patiente asymptomatique n’ayant pas de facteur de risque d’accouchement prématuré ;
- l’examen réalisé 6-8 semaines après l’accouchement chez une patiente asymptomatique ;
Ces recommandations rappellent également que la position gynécologique standard est moins bien vécue par certaines patientes et que d’autres positions d’examen doivent leur être proposées (position demi-assise, pieds à plat sur la table ou sur des repose-pieds plats…) si celles-ci ne sont pas incompatibles avec un examen de qualité suffisante.
Fibromes utérins (Haute Autorité de Santé)
La HAS publie une fiche de pertinence des soins sur la prise en charge non médicamenteuse des fibromes. En plus de détailler les principales méthodes et leurs indications : hystérectomie, myomectomie, embolisation des artères utérines, endométrectomie, l’institution rappelle :
- qu’il est inutile de traiter les fibromes asymptomatiques sauf en cas de désir de grossesse ET de fibrome sous muqueux (FIGO ≤2). En l’absence de traitement, une surveillance de la taille du fibrome peut néanmoins être nécessaire ;
- que tout traitement d’un fibrome doit se faire dans le cadre d’une décision médicale partagée basée sur une information claire de la patiente. Afin d’accompagner cette démarche d’information, la HAS invite à s’aider de sites web tels que monfibrome.fr et sur des associations agréés d’usagers telles que fibrome-info-france.org.
La fiche fibrome utérin a été adaptée afin d’inclure cette fiche pertinence. Vous y trouverez notamment une fiche d’information pour les patientes contenant les QR codes permettant de les diriger vers les sources proposées par la HAS.