Les dernières recommandations Juin 2026

Voici un court rappel de ce qu’il ne fallait pas rater ces dernières semaines.

Obésité : remboursement du Wegovy® et du Mounjaro® à partir du 15 juin

À partir du 15 juin 2026, le Wegovy® (sémaglutide) et le Mounjaro® (tirzépatide) sont pris en charge par l'Assurance maladie dans un cadre contrôlé. Voici les principaux messages à retenir :

  • la prise en charge concerne uniquement les situations suivantes :
    • IMC ≥ 40 kg/m² sans comorbidité,
    • IMC ≥ 35 kg/m² avec comorbidité ;
  • ces traitements ne sont remboursés qu'en seconde intention, après échec d'une prise en charge nutritionnelle (perte de poids < 5 % du poids total après 6 mois) ;
  • la prescription initiale est réservée aux professionnels et structures de recours de niveaux 2 et 3 : médecins exerçant en centre spécialisé de l'obésité (CSO), en CHU, en établissement de soins médicaux et de réadaptation, ou endocrinologues en lien avec un CSO.

À noter : ces deux médicaments peuvent toujours être prescrits par tout médecin sans remboursement, dans le cadre défini par l'ANSM (IMC ≥ 30 kg/m², ou IMC ≥ 27 kg/m² avec une comorbidité liée au poids).

La fiche Ressources pour l'accompagnement des personnes en surpoids ou en obésité a été mise à jour pour intégrer ces modalités de remboursement.

Helicobacter pylori : de nouvelles recommandations pour sa recherche et son éradication

Source : GEFH

Le Groupe d'Études Français des Helicobacter (GEFH) a émis de nouvelles recommandations concernant le diagnostic et le traitement de l'infection à Helicobacter pylori. Voici les principaux messages :

  • concernant le diagnostic :
    • la sérologie n'est plus recommandée, les performances des nouveaux kits étant jugées insuffisamment établies,
    • lorsqu’une endoscopie n'est pas indiquée d'emblée, le test respiratoire à l'urée marquée est la méthode de choix, la recherche d'antigène fécal constitue une alternative lorsqu'il n'est pas réalisable,
    • dès qu'un traitement est envisagé, un prélèvement doit être réalisé pour une PCR à la recherche d'une résistance à la clarithromycine, complétée par un antibiogramme en cas de résistance confirmée ; ces examens sont réalisables sur biopsie de muqueuse gastrique ou par string test ;
  • concernant le traitement :
    • compte tenu de l'augmentation des résistances bactériennes, il ne doit plus être empirique mais systématiquement guidé par la PCR, éventuellement complétée par un antibiogramme,
    • il repose sur des IPP à double dose (de durée prolongée en cas d'UGD associé) couplés à une antibiothérapie :
      • souche sensible à la clarithromycine : trithérapie par amoxicilline 50 mg/kg/j en 3-4 prises (sans dépasser 2 g/prise) + clarithromycine 500 mg x2/j + ésoméprazole 40 mg x2/j ou rabéprazole 20 mg x2/j pendant 14 jours,
      • souche résistante à la clarithromycine : quadrithérapie bismuthée (Pylera®) + oméprazole 20 mg x2/j pendant 10 jours ;
  • un contrôle de l'éradication est systématiquement réalisé par test à l'urée marquée ou par recherche d'antigène fécal.

La fiche Helicobacter pylori a été mise à jour pour intégrer ces nouvelles recommandations.

Antidépresseurs chez le sujet âgé : consensus d'expert (SFGG, SF3PA, SFPC)

Sources : SFGG, SF3PA et SFPC

Les Sociétés Françaises de Gériatrie et Gérontologie (SFGG), de Psychogériatrie et Psychiatrie de la Personne Âgée (SF3PA) et de Pharmacie Clinique (SFPC) ont publié un consensus sur l'utilisation des antidépresseurs chez le sujet âgé. Voici les principaux messages :

  • un bilan préthérapeutique est recommandé, incluant :
    • la recherche d'un diagnostic différentiel (enquête médicamenteuse, signes évocateurs d'une pathologie organique : SAOS, dysthyroïdie, pathologie neurologique ou inflammatoire…),
    • la recherche de troubles cognitifs, pouvant être majorés par l'épisode dépressif, à réévaluer après amélioration sur le plan thymique,
    • un bilan biologique (ionogramme, créatinine, bilan hépatique) et la correction d'une éventuelle hyponatrémie et de sa cause,
    • un ECG avec mesure du QT,
    • une mesure de la tension artérielle et une recherche d'hypotension orthostatique ;
  • le choix de l'antidépresseur se porte :
    • en 1re intention sur un ISRS, la sertraline de préférence, ou l'escitalopram, ou le citalopram,
    • en 2e intention sur la mirtazapine (possible en 1re intention en cas d'anorexie ou d'insomnie prédominante), la vortioxétine, ou un IRSNa,
    • en cas d'échec de 2 monothérapies ou de réponse insuffisante : une bithérapie associant la mirtazapine à un ISRS, un IRSNa ou la vortioxétine,
    • la molécule doit également être adaptée aux comorbidités (cardiopathie ou HTA : sertraline ou mirtazapine ; hypotension : sertraline ; hyponatrémie : mirtazapine ; saignement récent : mirtazapine > IRSNa) ;
  • l'introduction est progressive (augmentation de 25 à 50 % de la posologie cible toutes les 1-2 semaines, pour atteindre la dose thérapeutique en 4 à 12 semaines) ;
  • l'évaluation de l'efficacité se fait après 9 à 12 semaines ; en cas de réponse insuffisante, augmenter la dose jusqu'à la dose maximale recommandée, en tenant compte des comorbidités et de la tolérance ;
  • la surveillance sous traitement inclut :
    • la natrémie : sous ISRS et IRSNa,
    • la tension artérielle : sous IRSNa,
    • un ECG après 1 semaine de traitement en cas d'arythmie, de QT long ou limite en préthérapeutique ;
  • éviter les AINS en raison du risque de saignement digestif (sauf avec la mirtazapine) ;
  • la durée de traitement recommandée après rémission des symptômes est de 1 an pour le 1er épisode, 2 ans pour le 2e épisode, 3 ans ou à vie si ≥ 3 épisodes ;
  • l'arrêt se fait par décroissance progressive (diminution de 25 % de la dose efficace par paliers de 2 à 5 semaines).

La fiche Épisode dépressif caractérisé a été mise à jour pour intégrer ces nouvelles recommandations.

SOPK : changement de dénomination en « SMOP »

Source : The Lancet

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) a été renommé « syndrome métabolique ovarien polyendocrinien » (SMOP) par des experts internationaux, à l'issue d'une conférence de consensus publiée dans The Lancet. Les points à retenir :

  • la nouvelle appellation reflète la réalité multisystémique de l'affection : atteintes endocriniennes multiples, risque métabolique (diabète, maladies cardiovasculaires) et lien avec les troubles de l'ovulation et l'infertilité ;
  • les critères diagnostiques, les examens paracliniques et la prise en charge sont inchangés.

Pour éviter toute confusion en attendant l'adoption générale du nouveau terme, les deux dénominations seront transitoirement utilisées dans la fiche Syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (ex-syndrome des ovaires polykystiques).