Voici un court rappel de ce qu’il ne fallait pas rater ces dernières semaines.
Vitesse de sédimentation : la HAS recommande de ne plus la prescrire en soin courant
Source : HAS
Dans un rapport d’évaluation, la HAS conclut que la vitesse de sédimentation (VS) n’a plus d’intérêt médical en soin courant. Elle recommande d’arrêter sa prescription, en raison de ses performances insuffisantes : faible spécificité, mauvaise reproductibilité, cinétique lente, et ce y compris dans les indications où elle était encore utilisée (ACG/PPR, maladies systémiques, hémopathies malignes…).
En cas de suspicion d’inflammation aiguë, la CRP est l’examen de première intention.
Diabète de type 2 : prise de position de la SFD sur la stratégie thérapeutique
Source : SFD
La SFD publie sa prise de position 2025 sur la stratégie thérapeutique du DT2. En voici certains des principaux messages :
- le tirzépatide, agoniste des récepteurs GIP/GLP-1, rejoint l’arsenal thérapeutique avec des indications proches de celles des agonistes du GLP-1. Son efficacité sur la réduction pondérale est toutefois supérieure. Il n’est cependant pas encore remboursé en France à ce jour ;
- les traitements par agonistes des récepteurs GLP-1 ou GIP/GLP-1 nécessitent une surveillance du risque de dénutrition, de carences et de sarcopénie, en particulier chez les patients âgés ou en situation de perte de poids rapide ;
- la metformine en monothérapie reste le traitement médicamenteux de première intention chez les patients sans maladie athéromateuse avérée, sans insuffisance cardiaque, sans maladie rénale chronique, sans obésité (IMC < 30 kg/m²) et sans maladie du foie associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD/MASH) ;
- en présence d’une maladie athéromateuse, d’une insuffisance cardiaque, d’une maladie rénale chronique ou d’un risque cardiovasculaire élevé ou très élevé, un iSGLT2, un agoniste GLP-1 ou un agoniste GIP/GLP-1 doit être introduit d’emblée, indépendamment du taux d’HbA1c ;
- chez les patients en situation d’obésité (IMC ≥ 30 kg/m²) ou présentant une maladie du foie associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD/MASH), la SFD privilégie les agonistes GLP-1 ou GIP/GLP-1, indépendamment du taux d’HbA1c ;
- les traitements antihyperglycémiants doivent être réévalués de trois à six mois après initiation et être arrêtés s’ils n’abaissent pas l’HbA1c d’au moins 0,5 %, à l’exception de la metformine, de l’insuline ou des traitements mis en place pour une indication cardiovasculaire, rénale ou en raison de l’obésité ou d’une MASH/MASLD ;
- la mesure continue du glucose est recommandée en cas d’insulinothérapie.
La fiche Diabète de type 2 a été mise à jour pour inclure ces recommandations.
Dyslipidémies : consensus SFE-SFD-NSFA-SFC 2025
Sources : SFE, SFD, NSFA et SFC
Les sociétés savantes publient un consensus sur la stratégie de prise en charge des dyslipidémies. Voici les principaux messages :
- l’évaluation du risque cardiovasculaire est indispensable. En prévention primaire, lorsque le niveau de risque se situe à la frontière entre deux catégories, la réalisation d’un score calcique ou d’une échographie carotidienne peuvent aider à affiner cette estimation ;
- le dosage direct du LDL-c doit être pratiqué lorsque la formule de Friedewald est peu fiable, notamment si le taux de LDL-c est bas ou en cas d’hypertriglycéridémie ;
- l’évaluation du cholestérol non-HDL (cholestérol total - HDL-c) et/ou le dosage de l’apolipoprotéine B peuvent également être utiles en cas d'hypertriglycéridémie ;
- les objectifs de LDL-c, cholestérol non-HDL et apolipoprotéine B sont détaillés en fonction du risque cardiovasculaire ;
- les interventions sur le mode de vie sont centrales : alimentation de type méditerranéen, réduction des graisses saturées, augmentation des fibres, activité physique régulière, perte de poids en cas de surpoids ;
- les statines restent le traitement médicamenteux de première intention ;
- la survenue de douleurs musculaires sous statines est fréquente et est souvent liée à un effet nocebo. Les authentiques myopathies induites par les statines (symptômes + CPK > 10 N) sont rares (1 cas par an pour 10 000 patients traités ; ce risque régresse rapidement à l’arrêt du traitement). Le dosage des CPK est nécessaire en début de traitement en présence de facteurs de risque de myopathie ;
- en cas d’objectif non atteint sous statines à doses maximales ou de contre-indication ou d’intolérance aux statines, un avis spécialisé peut être sollicité pour discuter l’introduction d’autres traitements : ézétimibe, inhibiteur de PCSK9, inclisiran, bempédoïque ;
- en cas d’hypertriglycéridémie entre 2 et 5 g/L, les mesures hygiéno-diététiques et les statines sont prioritaires ; les fibrates peuvent être discutés en cas d’objectifs non atteints malgré le traitement par statines et de haut ou très haut risque cardiovasculaire.
La fiche Dyslipidémie a été mise à jour pour inclure ces recommandations.