Syndrome des jambes sans repos
<table id="refer1" border="1" cellpadding="5"><caption>Tableau 1 - Diagnostic</caption><tbody><tr><th colspan="2">Diagnostic positif</th></tr><tr><td style="text-align: center;"><strong>Signes cliniques</strong></td><td><ul><li>Impatience au niveau des jambes (besoin impérieux de bouger une jambe ou les jambes) ayant toutes les caractéristiques suivantes :<ul><li>aggravée par l'immobilité et la position allongée, ET</li><li>soulagée par le mouvement, ET</li><li>maximale le soir avant l'endormissement.</li></ul></li><li>± Symptômes sensitifs associés (inconstants et variables d'un patient à l'autre) : brûlures, paresthésies, prurit, douleur...</li><li>± Atteinte des membres supérieurs (exceptionnellement de tout le corps).</li><li>Symptômes plus importants en fin de journée et première partie de nuit, et absents le matin (sauf en cas de forme très sévère).</li><li>Facteurs soulageant les symptômes : mouvements, étirements, massages, eau froide.</li><li>Examen physique normal.</li></ul></td></tr><tr><td style="text-align: center;"><strong>Critères diagnostiques</strong></td><td><p><strong>Les critères A à C doivent être remplis</strong></p><p><strong>A. </strong>Plainte d’un besoin irrépressible de bouger les jambes, généralement accompagné de sensations désagréables ou inconfortables dans les jambes, ou attribué à ces sensations. Ces symptômes doivent :</p><ol><li aria-level="1">Débuter ou s’aggraver lors des périodes de repos ou d’inactivité, comme en position allongée ou assise ;</li><li aria-level="1">Être partiellement ou totalement soulagés par le mouvement, comme la marche ou les étirements, au moins tant que l’activité se poursuit ;</li><li aria-level="1">Survenir exclusivement ou principalement le soir ou la nuit plutôt que pendant la journée.</li></ol><p><strong>B.</strong> Les caractéristiques ci-dessus ne sont pas expliquées uniquement par une autre affection pouvant mimer un syndrome des jambes sans repos (voir diagnostics différentiels).</p><p><strong>C.</strong> Les symptômes entraînent une gêne, une souffrance, des troubles du sommeil ou une altération du fonctionnement mental, physique, social, professionnel, scolaire, comportemental ou d’autres domaines importants de la vie.</p></td></tr><tr><td style="text-align: center;"><strong>Diagnostics différentiels</strong></td><td><ul><li aria-level="1">Neuropathie, akathisie (impossibilité de rester immobile, avec agitation/anxiété interne et besoin urgent de bouger, non limité aux jambes, besoin de bouger tout son corps), spasticité.</li><li aria-level="1">Inconfort positionnel, douleurs articulaires, myalgies.</li><li aria-level="1">Stase veineuse, œdème des jambes.</li><li aria-level="1">Tapotement habituel du pied.</li><li>Anxiété.</li><li aria-level="1">Crampes nocturnes des jambes.</li><li aria-level="1">Troubles comportementaux chez l’enfant.</li><li aria-level="1">Trouble des mouvements périodiques des membres (souvent présent chez les patients ayant un syndrome des jambes sans repos) : flexions brèves et récurrentes des membres inférieurs enregistrés à la polysomnographie.</li></ul></td></tr><tr><th colspan="2"><strong>Sévérité</strong></th></tr><tr><td colspan="2"><ul><li><strong>Échelle <abbr data-tooltip="International Restless Legs Syndrome">IRLS</abbr> </strong><strong>(<a href="/liens-utiles/echelle-internationale-de-severite-du-syndrome-des-jambes-sans-repos-irls" target="_blank" rel="noopener">PDF</a>) :</strong><ul><li>léger (score : 1 à 10),</li><li>modéré (score : 11 à 20),</li><li>sévère (score : 21 à 30),</li><li>très sévère (score : 31 à 40).</li></ul></li><li>En pratique, les symptômes peuvent être considérés comme sévères en cas d'altérations importantes du fonctionnement (sommeil, vie quotidienne ou professionnelle), ce qui concerne moins de 4 % des cas.</li></ul></td></tr><tr><th colspan="2"><strong>Étiologies</strong></th></tr><tr><td style="text-align: center;"><strong>Idiopathique</strong></td><td>Forte composante familiale</td></tr><tr><td style="text-align: center;"><strong>Secondaire</strong></td><td><ul><li>Carence martiale.</li><li>Insuffisance rénale sévère.</li><li>Diabète.</li><li>Grossesse.</li><li>Maladies neurodégénératives et neurologiques.</li><li><span style="font-weight: 400;">Syndrome d’apnée obstructive du sommeil.</span></li><li>Iatrogène :<ul><li>antidépresseurs,</li><li>neuroleptiques, dont neuroleptiques cachés (métoclopramide...),</li><li>antihistaminiques,</li><li>antipsychotiques,</li><li>sevrage des opioïdes.</li></ul></li></ul></td></tr><tr><th colspan="2">Paraclinique</th></tr><tr><td style="text-align: center;"><strong>Biologique</strong><br /><strong>(<a href="/ordonnances-types/bilan-de-1ere-intention-syndrome-des-jambes-sans-repos" target="_blank" rel="noopener">ordonnance</a>)</strong></td><td>Systématique : <abbr data-tooltip="Numération formule sanguine">NFS</abbr>, glycémie à jeun, ferritine, <abbr data-tooltip="Cœfficient de saturation de la transferrine">CST</abbr>, <abbr data-tooltip="C-réactive protéine">CRP</abbr>, créatinine</td></tr><tr><td style="text-align: center;"><strong>Polysomnographie</strong></td><td><p>Indications :</p><ul><li>critères diagnostiques non remplis,</li><li>résistance au traitement,</li><li>suspicion de pathologie du sommeil associée (notamment si somnolence diurne),</li><li>enfant.</li></ul></td></tr></tbody></table><p> </p><table id="refer2" cellpadding="5"><caption>Tableau 2 - Prise en charge</caption><tbody><tr><th style="text-align: center;" colspan="2"><strong>Prise en charge</strong></th></tr><tr><td style="text-align: center;"><strong>Forme peu sévère</strong></td><td><ul><li>Conseils hygiéno-diététiques (<a href="/recommandations/syndrome-des-jambes-sans-repos" target="_blank" rel="noopener">version imprimable</a>) :<ul><li>limiter les facteurs aggravants : alcool (vin blanc), caféine, tabac, </li><li>hygiène de sommeil (<a href="/recommandations/hygiene-du-sommeil" target="_blank" rel="noopener">version imprimable</a>),</li><li>activité physique<ul><li><strong>régulière et fréquente,</strong></li><li>éviter l'activité trop intense (éviter d’atteindre le point de douleur musculaire ou articulaire) et l’activité physique le soir,</li><li aria-level="3">privilégier les exercices qui sollicitent les membres inférieurs et inclure des activités en renforcement musculaire et en endurance,</li></ul></li><li>si les symptômes surviennent durant des périodes d'ennui, proposer des activités de stimulation intellectuelle (jeux vidéo, mots croisés...).</li></ul></li><li>Équilibration d'un diabète.</li><li>Supplémentation martiale avec surveillance régulière du bilan martial :<ul><li aria-level="2">objectif : ferritine > 100 μg/L et CST > 20 %,</li><li aria-level="2">effet maximal sur les symptômes attendu 1 à 3 mois après l’administration du traitement (y compris si fer IV),</li><li aria-level="2">adulte :<ul><li aria-level="2">voie IV ou orale si ferritine < 75 μg/L ou CST < 20 % </li><li aria-level="2">voie IV si 75 μg/L < ferritine < 100 μg/L</li></ul></li><li>enfant : voie IV ou orale si ferritine < 50 μg/L </li><li aria-level="2">privilégier la supplémentation par voie <abbr data-tooltip="Intraveineuse">IV</abbr>, à forte dose et à libération prolongée avec du carboxymaltose ferrique (FERINJECT<sup>®</sup>),</li><li aria-level="2">par voie orale, privilégier le sulfate ferreux (TARDYFERON<sup>®</sup>, TIMOFEROL<sup>®</sup>, FERO-GRAD<sup>®</sup>),</li><li aria-level="2">insuffisance rénale sévère : voie <abbr data-tooltip="Intraveineuse">IV</abbr> si ferritine < 200 μg/L et <abbr data-tooltip="Cœfficient de saturation de la transferrine">CST</abbr> < 20 %, en privilégiant le saccharose ferrique (VENOFER<sup>®</sup>).</li></ul></li><li>Supplémentation en vitamine C chez l’insuffisant rénal sévère.</li><li>Recherche et traitement d'un syndrome d'apnée du sommeil (voir <a href="/pathologies/apnee-du-sommeil" target="_blank" rel="noopener">fiche</a>) ou d'un autre trouble du sommeil associé.</li><li>Sevrage, si possible, des médicaments responsables. Si un sevrage est impossible, décaler leur prise, si possible, tôt le matin.</li></ul></td></tr><tr><td style="text-align: center;"><strong>Forme sévère ou persistance des symptômes 1-3 mois après administration du fer</strong></td><td><ul><li aria-level="1"><strong>Avis spécialisé.</strong></li><li aria-level="1">Médicaments <a href="/pathologies/prescription-hors-amm" target="_blank" rel="noopener">hors <abbr data-tooltip="Autorisation de mise sur le marché">AMM</abbr></a> :<ul><li aria-level="2">gabapentine, prégabaline</li><li aria-level="2">dipyridamole,</li><li aria-level="2">opiacés (oxycodone, méthadone).</li></ul></li><li aria-level="1">Stimulation des nerfs péroniers bilatéraux.</li><li>Les agonistes dopaminergiques (pramipexole, rotigotine, ropinirole) ne sont plus recommandés, malgré leur efficacité à court terme, car ils aggravent le syndrome des jambes sans repos à long terme.</li><li aria-level="1">Les traitements doivent être arrêtés progressivement (notamment les agonistes dopaminergiques) après avoir introduit un nouveau traitement, en raison du risque de rebond des symptômes en cas d’arrêt brutal et du risque de syndrome de sevrage des agonistes dopaminergiques.</li></ul></td></tr></tbody></table>
Sources et recommandations
Auteur(s)

Vous n’avez pas encore de notes personnelles
{{Nom de la note}}
{{Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Suspendisse varius enim in eros elementum tristique. Duis cursus, mi quis viverra ornare, eros dolor interdum nulla, ut commodo diam libero vitae erat. Aenean faucibus nibh et justo cursus id rutrum lorem imperdiet. Nunc ut sem vitae risus tristique posuere.}}
Accès réservé aux professionnels de santé
Cette fonctionnalité est réservée aux utilisateurs d’Ordotype.
Pour pouvoir y accéder vous devez être connecté à Ordotype. Si vous n’avez pas encore de compte, inscrivez-vous et profitez d’un mois d’essai gratuit.
Déjà inscrit ? Se connecter


